Documents divers

Aux sources de notre Eglise diocésaine

Histoire de notre diocèse de Vannes, veuillez-trouver ci-dessous le topo du père Gwénaël MAUREY" "Aux sources de notre Eglise diocésaine"

Plan :

Préambule
Introduction
Aux temps des origines
Le temps des moines bretons

1- Le Temps des origines : St Patern

  • Le Concile de Vannes

2- Le Temps des moines bretons

  • L'invasion de l'île de Bretagne
  • L'Exil L'Immigration

3- Des institutions chrétiennes

  • Les femmes celtes dans le ministère liturgique
  • La tonsure monastique Une ecclésiologie originale
  • St Colomban
  • St Gildas
  • Des pratiques monastiques originales
  • Le pardon chez les celtes

Conclusion

PDF Aux sources de notre Eglise diocésaine Ici !

Situation de l'agriculture

Je vous propose de prendre connaissance des deux articles ci-dessous sur la situation de l'agriculture et l'association Solidarité Paysans dans laquelle je engagé avec d'autres agriculteurs.
Jean-Yves G. , diacre en mission auprès du monde de l'agriculture.

1/ " Solidaires des agriculteurs et du monde rural " CMR, CCFD et MRJC invitent à l'actin - Chrétiens en Morbihan n°1442 - 31 mars 2016

2/ " Solidarité paysans " - Accompagner les famille pour sortir de la crise.  Chrétiens en Morbihan n°1443 - avril  2016

Solidaires des agriculteurs et du monde rural
Solidarité paysans

Deux textes reçus par ceux et celles qui ont vécu le jubilé des diacres à Rome

22/03/16 - Veuillez trouver ci-dessous 2 documents PDF (textes reçus par ceux et celles qui vivront le jubilé des diacres à Rome), textes qui méritent d'être sur le site.
En unité en ce jour de Messe Chrismale.

P. Maurice R.

Lavement des pieds - commentaires Saint Jean-Paul II
La religion de l’homme - Maurice Zundel

Examen de conscience

Je vous conseille de méditer cet "examen de conscience" de belle qualité, réalisé à partir de citations d'Evangelii gaudium.
P. Maurice Roger

Examen de conscience
à partir de l’Exhortation apostolique EVANGELII GAUDIUM
du Pape François.

1. « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. »
Suis-je joyeux ? Que fais-je pour cultiver, entretenir, développer cette joie chrétienne ? Puis-je résister au monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, qui débouche sur une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée ? Suis-je devenu une personne vexée, mécontente, sans vie ?

2. « Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde. »
Est-ce que je me fatigue de demander pardon ? De me confesser ? Est-ce que je célèbre ce sacrement plusieurs fois par an ? Suis-je honnête et franc dans mes confessions ? Suis-je découragé par mes péchés ?

3. « Dans toute forme d’évangélisation, la primauté revient toujours à Dieu, qui a voulu nous appeler à collaborer avec lui et nous stimuler avec la force de son Esprit. »
Est-ce que Dieu a la priorité, pas seulement dans ma prière mais dans toute ma vie ? Comment est-ce que je me dispose à vivre sous la conduite de l’Esprit ? Prière personnelle ? Lecture de la Parole de Dieu ? Sacrements ? ... ?

4. « Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais «par attraction».
Quel visage je donne de l’Eglise ? Ma joie est-elle attirante pour les autres ? Ai-je le souci d’évangéliser ? D’appeler tous ceux que je rencontre à rencontrer le Christ ? A se laisser aimer par lui ? Suis-je en communion avec l’Eglise ?

5. « La pastorale en terme missionnaire exige d’abandonner le confortable critère pastoral du “on a toujours fait ainsi”. J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés. »
Est-ce que je suis paralysé par des habitudes ? Suis-je audacieux ? créatif ? ou toujours nostalgique du passé ? Est-ce que je me laisse surprendre par l’Esprit Saint ?

6. « Aujourd’hui et toujours, « les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Évangile », et l’évangélisation, adressée gratuitement à eux, est le signe du Royaume que Jésus est venu apporter. Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres. Ne les laissons jamais seuls. Aucun doute ni aucune explication, qui affaiblissent ce message si clair, ne doivent subsister. »
Comment est-ce que je considère les pauvres ? Qu’est-ce que je fais pour eux ? Avec eux ? Sont-ils au cœur de ma prière, de mes actions, de mes dépenses ? Suis-je préoccupé de leur vie spirituelle ?

7. « De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. »
Quelle est ma complicité avec l’économie qui tue ? Avec la mondialisation de l’indifférence ? Suis-je sensible aux injustices ? Suis-je capable de compassion ? Suis-je égoïste au point de ne penser qu’à moi, à mon confort, à ma sécurité...

8. « La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain ! Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or (cf. Ex 32, 1-35) a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain. »
Quelle est ma liberté par rapport à l’argent et à toutes les idoles du monde moderne : gloire, pouvoir, argent, sexe, jeux qui nient le primat de l’humain ?

9. « La famille traverse une crise culturelle profonde, comme toutes les communautés et les liens sociaux. (...) Le mariage tend à être vu comme une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon et se modifier selon la sensibilité de chacun. Mais la contribution indispensable du mariage à la société dépasse le niveau de l’émotivité et des nécessités contingentes du couple. »
Quels sont mes comportements en famille ? Avec mon conjoint ? Mes enfants ? Mes parents ? Quels sont mes engagements pour promouvoir la famille dans la société ? Est-ce que je vis en couple en dehors du mariage ? Comment est-ce que j’éduque mes enfants, les jeunes à l’affectivité, au respect des différences, à la complémentarité des sexes ? Est-ce que je suis au courant des programmes scolaires ? Ai-je renoncé à ma responsabilité éducative ?

10. « Il faut souligner le fait que, même celui qui apparemment dispose de solides convictions doctrinales et spirituelles, tombe souvent dans un style de vie qui porte à s’attacher à des sécurités économiques, ou à des espaces de pouvoir et de gloire humaine qu’il se procure de n’importe quelle manière, au lieu de donner sa vie pour les autres dans la mission.
Ne nous laissons pas voler l’enthousiasme missionnaire ! »
Personne n’est à l’abri de l’infidélité à l’Evangile. Suis-je libre ? Suis-je volontaire pour annoncer l’Evangile en parole et par mon style de vie ? Suis-je serviteur ? Est-ce que je donnerai ma vie avec joie ? Ai-je confiance en la Providence ?

11. « Déçus par la réalité, par l’Église ou par eux-mêmes, ils vivent la tentation constante de s’attacher à une tristesse douceâtre, sans espérance, qui envahit leur cœur comme « le plus précieux des élixirs du démon ». Ne nous laissons pas voler la joie de l’évangélisation ! »
Est-ce que je me laisse gagner par la déception ? Par la tristesse, par la paresse ? Comment fais-je en face des contradictions, des échecs apparents, quand je suis critiqué, quand je rencontre des croix ? Suis-je conscient des pièges du démon ?

12. « Une des plus sérieuses tentations qui étouffent la ferveur et l’audace est le sens de l’échec, qui nous transforment en pessimistes mécontents et déçus au visage assombri. Personne ne peut engager une bataille si auparavant il n’espère pas pleinement la victoire. Ne nous laissons pas voler l’espérance ! »
Comment est-ce que je me comporte en face de l’échec, de la croix, de mes limites, de mes imperfections ? Est-ce que je manque de confiance ? En Dieu ? En moi ? dans les autres ? Suis-je courageux ? Persévérant ? Lâche ?
Est-ce que je manque d’espérance ? Suis-je défaitiste, souvent négatif ?

13. « Sortir de soi-même pour s’unir aux autres fait du bien. S’enfermer sur soi-même signifie goûter au venin amer de l’immanence, et en tout choix égoïste que nous faisons, l’humanité aura le dessous. Ne nous laissons pas voler la communauté !»
Et la charité fraternelle ? L’amour du prochain, le sens de la communion ? Ma participation avec les autres à la vie de l’Eglise. Suis-je égoïste, individualiste, enfermé sur moi-même ? Ai-je peur des autres ?

14. « La mondanité spirituelle, qui se cache derrière des apparences de religiosité et même d’amour de l’Église, consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien être personnel. Ne nous laissons pas voler l’Évangile ! »
Ma vie est-elle concrètement influencée par l’Evangile ou par le monde et ses modes ? Suis-je pharisien, une belle façade mais un intérieur pourri ? Est-ce que je triche, mens, joue sur les apparences, juge, critique...

15. « À l’intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés, que de guerres ! Dans le quartier, sur le lieu de travail, que de guerres par envies et jalousies, et aussi entre chrétiens ! La mondanité spirituelle porte certains chrétiens à être en guerre contre d’autres chrétiens qui font obstacle à leur recherche de pouvoir, de prestige, de plaisir ou de sécurité économique. Plutôt que d’appartenir à l’Église entière, avec sa riche variété, ils appartiennent à tel ou tel groupe qui se sent différent ou spécial.(...) Ne nous laissons pas voler l’idéal de l’amour fraternel ! »
Suis-je un être de communion ou de division ? Suis-je toujours dans la critique ? dans la jalousie ? dans la concurrence et la comparaison ? Ai-je du mal à pardonner ? A demander pardon ?

16. « Les défis existent pour être relevés. Soyons réalistes, mais sans perdre la joie, l’audace et le dévouement plein d’espérance ! Ne nous laissons pas voler la force missionnaire ! Une foi authentique – qui n’est jamais confortable et individualiste – implique toujours un profond désir de changer le monde, de transmettre des valeurs, de laisser quelque chose de meilleur après notre passage sur la terre. »
Quel est mon engagement dans la société, dans la politique, dans la culture, dans l’éducation, dans les associations familiales ? Est-ce que je veux aider le monde à être meilleur ? Est-ce que je respecte la création ?

17. « Parmi ces faibles, dont l’Église veut prendre soin avec prédilection, il y a aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd’hui la dignité humaine afin de pouvoir en faire ce que l’on veut, en leur retirant la vie et en promouvant des législations qui font que personne ne peut l’empêcher. »
Est-ce que je défends la vie ? Ai-je attenté à la vie ? Directement ? Indirectement ? Est-ce que je soutiens des associations qui protègent la vie ? Qui accueillent les enfants, les handicapés ?

18. « Il y a des hommes politiques – y compris des dirigeants religieux – qui se demandent pourquoi le peuple ne les comprend pas ni ne les suit, alors que leurs propositions sont si logiques et si claires. C’est probablement parce qu’ils se sont installés dans le règne de la pure idée et ont réduit la politique ou la foi à la rhétorique. »
Ai-je les pieds sur terre ? Est-ce que je vis dans mon monde ? Réel ? Imaginaire ? Est-ce que je cherche la vérité ? Est-ce que je me contente de parler, de critiquer ou est-ce que je suis capable d’agir ?

19. « Il y a un risque que certains moments d’oraison se transforment en excuse pour ne pas se livrer à la mission, parce que la privatisation du style de vie peut porter les chrétiens à se réfugier en de fausses spiritualités. A tous les moments de l’histoire, la fragilité humaine est présente, ainsi que la recherche maladive de soi-même, l’égoïsme confortable et, en définitive, la concupiscence qui nous guette tous. »
Ma vie spirituelle est-elle ouverture à Dieu et aux autres ou bien fermeture égoïste sur moi-même ? Est-elle un petit confort personnel, une satisfaction égoïste ?

20. « Avec l’Esprit Saint, il y a toujours Marie au milieu du peuple. Elle était avec les disciples pour l’invoquer (cf. Ac 1, 14), et elle a ainsi rendu possible l’explosion missionnaire advenue à la Pentecôte. Elle est la Mère de l’Église évangélisatrice et sans elle nous n’arrivons pas à comprendre pleinement l’esprit de la nouvelle évangélisation. »
Est-ce que je prends Marie chez moi (Cf Jn 19, 27) ? Est-ce que la Mère du Christ est pour moi un modèle de foi ? D’accomplissement de la Parole de Dieu ? Est-ce que je la prie et me confie à sa présence maternelle ?

“ Sois courageux et va te confesser ! ” Pape François. 

"Ce n'est pas le diable qui commet le mal, c'est l'homme"

Entretien du Père Henri Amet. La Croix samedi 15, dimanche 16 novembre 2014.

Article du Père Henri Amet

Diacre signe de l'Eglise servante

Les gestes du diacre pendant la messe signifient une réalité de service...

Le diacre est signe de l'Eglise servante

Récit du concile par Benoît XVI publié dans

Dans l’«Osservatore Romano» daté du 11 octobre, le pape donne sa propre lecture du concile Vatican II, auquel il a participé en tant qu’expert.

Benoit XVI parle de Vatican II

Les diacres, ministres à part entière - La Croix du mardi 29/10/2013

Les 5 chemins de la conversion - St Jean de ChrysostomeLE CHEMIN DE LA CONVERSION
Voulez-vous que je vous indique les chemins de la conversion ?
Ils sont nombreux, variés et différents, mais tous conduisent au ciel.

Le premier chemin de la conversion, c'est la condamnation de nos fautes. Commence toi-même par dire tes fautes, pour être justifié. Et c'est pourquoi le Prophète disait : "J'ai dit : Je veux confesser au Seigneur les iniquités que j'ai commises; et toi, tu as pardonné le péché de mon coeur." Condamne donc toi-même les fautes que tu as commises, et cela suffira pour que le Maître t'exauce. Celui qui condamne ses fautes, en effet, craindra davantage d'y retomber. Éveille ta conscience pour avoir ton accusateur en toi-même et ne pas le rencontrer devant le tribunal du Seigneur. Voilà donc un excellent chemin de conversion.

II y en a un deuxième, qui n'est pas inférieur à celui-là, c'est de ne pas garder rancune à nos ennemis, de dominer notre colère pour pardonner les offenses de nos compagnons de service, car c'est ainsi que nous obtiendrons le pardon de celles que nous avons commises contre le Maître ; c'est la deuxième manière d'obtenir la purification de nos fautes. Si vous pardonnez à vos débiteurs, dit le Seigneur, mon Père qui est aux deux vous
pardonnera aussi.

Tu veux connaître le troisième chemin de la conversion ? C'est la prière fervente et attentive que tu feras du fond du coeur.

Si tu désires connaître le quatrième chemin, je citerai l'aumône ; elle a une puissance considérable et indicible.

La modestie et l'humilité ne sont pas des moyens inférieurs à ceux que nous avons dits pour détruire les péchés à la racine. Nous en avons pour témoin le publicain qui ne pouvait pas proclamer ses bonnes actions, mais qui les a toutes remplacées par l'offrande de son humilité et a déposé ainsi le lourd fardeau de ses fautes.

Nous venons donc d'indiquer cinq chemins de la conversion. Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins ; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère. Car, même si tu vis dans la plus grande pauvreté, tu peux abandonner ta colère, pratiquer 1'humilité, prier assidûment et condamner tes péchés. Ta pauvreté ne s'y oppose nullement. Mais qu'est-ce que je dis là ? alors que, sur ce chemin de la conversion où il s agit de donner ses richesses (c'est de l'aumône que je veux parier), même la pauvreté ne nous empêche pas d'accomplir le commandement. Nous le voyons chez la veuve qui donnait ses deux piécettes.
Nous avons donc appris comment soigner nos blessures ; appliquons ces remèdes : revenus à la vraie santé nous profiterons hardiment de la table sainte et avec beaucoup de gloire nous irons à la rencontre du roi de gloire, le Christ. Obtenons les biens éternels par la grâce, la miséricorde et la bonté de Jésus Christ notre Seigneur.

Les diacres, ministres à part entière - La Croix du mardi 29/10/2013

Le 29 octobre 1963, le concile Vatican II réinstaurait le diaconat comme un « degré distinct et permanent » au service de la communauté et de ses besoins.

En France, plus de 2 500 diacres, mariés pour la plupart, concilient, cinquante ans plus tard, présence dans le monde professionnel et engagement paroissial.

Aujourd’hui encore, cette confidence reçue par Yves Marcilly dans les années 1990 éclaire l’idée que ce diacre permanent se fait de son ministère : « Je suis fier de ton Église », s’était-il entendu dire, ce jour-là, dans la bouche d’un collègue d’usine assez peu versé dans la

piété. « Beaucoup s’imaginent encore que nous sommes les suppléants du prêtre, affectés à des tâches paroissiales. Mais les douze années de diaconat que j’ai pu exercer dans le cadre de mon métier m’ont montré combien notre mission se joue à l’extérieur, auprès de ceux qui méconnaissent la foi. » Tout premier diacre ordonné en 1991 dans le diocèse de Saint-Denis

– qui en compte 27 désormais –, ce presque septuagénaire, marié et huit fois grand-père, considère que son ministère repose sur un subtil équilibre entre son enracinement paroissial à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) et ses engagements « dans le monde » : « Être diacre, c’est vivre ce va-et-vient permanent. L’envoi, que nous adressons à l’assemblée à la fin de la messe, traduit cette nécessité… quand le célébrant n’oublie pas de se tourner vers nous ! »

 « C’est l’Église qui sort de son pré carré »

Ce détail, dont Yves Marcilly s’amuse volontiers, reflète la place parfois confuse du ministère diaconal dans la vie de l’Église, cinquante ans tout juste après son rétablissement par le concile Vatican II (1962-1965). « Cette intuition s’est développée pendant la Seconde Guerre mondiale, explique Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, qui fut l’un des acteurs de ce renouveau en France au sein du Comité national du diaconat (CND). Nous devons au jésuite allemand Otto Pies (1901-1960) l’un des premiers livres préconisant la restauration du diaconat permanent. C’est lors de sa captivité à Dachau que ce prêtre comprit l’importance d’une présence missionnaire là où on ne l’attend pas. Comme les prêtres-ouvriers, les diacres sont appelés à manifester la sollicitude du Christ partout où l’Église n’est pas visible. Ils nous rappellent qu’une paroisse, ce n’est pas seulement le noyau des pratiquants, mais l’ensemble des habitants d’un territoire. » Dans les quartiers difficiles, dans les hôpitaux ou les prisons, les entrepôts ou les écoles, ils sont plus de 2 500 à exercer ce ministère de charité au plus près de la société. « C’est l’Église qui sort de son pré carré, dit Bruno Roche, l’actuel coordinateur du CND. Curieusement, ce rôle est parfois mieux compris à l’extérieur. »

« Le  vivier  de  candidats  a  été  largement  épuisé  et  ne  s’est  pas  assez renouvelé »

Le vieillissement du corps diaconal, dont la moyenne d’âge avoisine les 60 ans, tend à accentuer cette confusion fréquente  : « Jusqu’en 1990, le nombre de diacres a progressé de façon régulière, analyse Jean-René Bertrand, professeur de géographie à l’université du Maine (1). Ces deux dernières décennies ont été marquées par un ralentissement des ordinations ; le vivier de candidats a été largement épuisé et ne s’est pas assez renouvelé. »

Généralement ordonnés autour de la cinquantaine, les nouveaux ministres voient leur apostolat limité par leur retraite professionnelle : parmi les diacres en exercice, un sur deux a déjà cessé son activité. Dès lors, leur mission se resserre souvent autour de la paroisse, contribuant à les assimiler aux prêtres. « Ce n’est pas parce qu’un diacre est retraité qu’il n’est plus inséré, nuance Bruno Roche. Leur plus grande disponibilité est aussi une chance. »

« Nous devons rester des témoins au cœur de la société »

Chef de service à l’hôpital de Rouen, Jean-Pierre Vannier estime qu’il convient de mieux penser la mission des diacres, une fois qu’ils sont retirés de la vie professionnelle  : « Nous devons rester des témoins au cœur de la société », fait valoir ce père de famille, ordonné il y a vingt ans. Âgé de 63 ans, il se souvient avoir accepté l’appel de son curé, à condition de pouvoir partager sa mission avec son épouse, elle-même très engagée. Tous deux ont été attentifs à ce que le diaconat ne soit pas un frein à leur vie de famille . D’autres, à l’image de Pascal Rouffignac, diacre à Limoges et professeur de mathématiques dans un lycée public, ont fait le choix du célibat pour mener à bien leur mission : « La prêtrise ne m’a jamais tenté ; je suis trop attaché à mon métier. Mais j’avais été fortement interpellé par une homélie de notre évêque : “Notre Église a besoin de prêtres mais elle a aussi besoin de diacres.” L’idée a fait son chemin. Ordonné en 2004, j’essaie d’être un témoin discret de l’Évangile. »

Des difficultés, certains en rencontrent évidemment, en particulier lorsque le contact « passe mal » avec le curé  ; mais ces situations seraient plutôt marginales selon le CND. Cela n’empêche pas certains de s’interroger sur la nature de leur ministère, à l’instar de Jean-Louis Paccoud, 67 ans, diacre à Metz : « On me demande parfois ce que l’ordination a pu modifier dans ma manière de m’engager. Il est vrai que je me sens plus proche des laïcs que du clergé.

Je ne suis pas très au clair là-dessus. » Comme beaucoup, l’adjoint à la pastorale familiale diocésaine espère que ce cinquantenaire permettra de « mieux faire connaître l’identité du diacre à toute l’Église ».

François-Xavier Maigre La Croix du mardi 29 octobre 2013, p. 10

(1) Auteur de « Présence des diacres dans l’Église de France », in Catholicisme en tensions, Éd. EHESS

(2012).

Deux missions distinctes

Dans les Actes des Apôtres (6, 1-6), les Douze choisirent sept hommes « de bonne réputation, remplis de l’Esprit et de sagesse ».  L’Église  primitive  fera  du  diacre (du  grec  diakonos,  serviteur)  celui  que  l’on  ordonne  pour  épauler  l’évêque  et les  prêtres  dans  le  soin  des  plus  démunis,  le  service  de  la  Parole  de  Dieu  et  la célébration des sacrements (baptême, mariage).

En 2009,  le motu proprio Omnium in mentem a modifié  l’article du code de droit canonique (1983) concernant le sacrement de l’ordre, précisant que les fonctions d’enseignement, de sanctification et de gouvernement « en la personne du Christ chef » sont désormais réservés aux seuls évêques et prêtres. Une façon de mieux distinguer diaconat et prêtrise.